Laura, nous la connaissons depuis un moment et vous aussi ! En effet, si vous étiez parmi nous lors de notre lancement Kickstarter en 2013, vous l’aurez vu dans nos toutes premières vidéos. Illustratrice et auteure indépendante depuis 3 ans, elle connait la Slate par coeur et nous parle de son parcours artistique.

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I. Mademoiselle Zim, illustratrice

 

Bonjour Laura ! Peux-tu nous parler de ton travail d’illustratrice, de ton profil et de ton style ?

Hello ! J’ai commencé à bosser en tant qu’illustratrice indépendante il y a 3 ans. A la base, je faisais également du graphisme, mais j’ai laissé ça de côté pour me consacrer entièrement à mon travail d’illustration. J’ai fait une faculté d’art plastique à Montpellier. C’était de bonnes années sur le plan festif et social, mais je n’ai pas beaucoup appris au niveau technique. Heureusement, j’avais créé un blog BD deux ans plus tôt et ça m’a permis de beaucoup m’exercer.

Tout a commencé avec le blog de Pénélope Bagieu que j’ai découvert en 2007. Je suis tombée amoureuse du concept et j’ai tout lu d’un coup ! J’ai décidé de me lancer et de raconter ma vie aussi à travers un blog illustré. J’essayais d’être disciplinée, de dessiner régulièrement et puis ça me sortait la tête des cours ! Ce fut un gros terrain d’expérimentation.

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Tu t’es donc beaucoup formée tout seule ?

Oui, j’ai été autodidacte sur beaucoup de plans. J’ai toujours dessiné et il m’a fallu du temps pour trouver mon style, ma patte. C’est une des choses les plus dures à faire. Puis rien n’est figé, mon style va continuer à évoluer. J’ai toujours mon blog BD mais je ne dessine plus dessus parce que je n’ai plus du tout le temps. Contrairement à Pénélope, qui j’avais lu, prenait 15 minutes par note de blog, il me fallait 3h. Donc ce n’était pas viable sur le long terme.

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Parle-nous de tes débuts :

Une semaine après avoir terminé la fac d’art plastique, je me suis faite embaucher dans une maison d’édition à Grenoble. J’ai passé 6 mois à faire du graphisme avant tout. C’était assez difficile techniquement parlant et comme il s’agissait d’une petite entreprise, je n’avais pas vraiment de mentor. Après ce travail, je me suis beaucoup remise en question et je suis passée par une grosse période de doutes : fallait-il que je continue le dessin ? Finalement, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai entamé les démarches pour créer mon entreprise.

Ca a démarré très lentement. Au début, je prenais surtout les commandes de mes copains, comme j’avais déjà fait des dessins par ci par là. Je suis notamment très fière du logo que j’ai créé pour le club de roller derby de Grenoble, Les Cannibales Marmottes – qu’elles utilisent toujours aujourd’hui !  A l’époque c’était un échange de bons procédés : le dessin contre des goodies.

Puis assez vite, l’Ecole de Management de Grenoble m’a contactée. La directrice du pôle management technologique et stratégique m’a expliqué qu’ils donnaient beaucoup d’études de cas à leurs élèves. Etant longues et fastidieuses, elle voulait créer des planches de BD pour les synthétiser. C’est comme ça que j’ai commencé à travailler pour eux. Puis le fait d’avoir le même âge que les élèves était un plus, j’avais les mêmes références, la même façon de parler.

Où en es-tu maintenant ?

Et bien, j’ai terminé ce travail il y a quelques mois et là en 2017 je passe enfin le flambeau. Ces cas de management illustrés pendant 3 ans m’ont beaucoup plus mais maintenant que mon activité marche bien je suis prête à avancer sur d’autres choses et à vivre enfin entièrement de mes illustrations. J’ai réussi à me faire un petit réseau et j’espère continuer dans ce sens !

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Comment définirais-tu le métier d’illustrateur ?

C’est un métier qui reste assez compliqué. Il faut savoir trouver un rythme et une certaine discipline. En tout cas, il faut être motivé pour le faire, avoir des projets et des choses à accomplir. J’étais plus à l’abris en ayant autre chose à côté, alors que là, je dois gérer ma comptabilité et mes clients. Puis en travaillant chez soi, il faut savoir éviter toutes les distractions qu’il y a. Avoir une pièce dédiée chez moi a été un énorme plus – surtout par rapport à mon petit studio d’avant ! Mais je pense que le mieux ça doit être un atelier de freelances.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Même si j’ai essayé de m’en défaire, on m’a toujours dit que j’avais un style assez manga. C’est sûrement du au fait que j’ai commencé à lire des mangas tôt et que ça m’a fasciné. Maintenant j’essaye de développer mon propre style mais j’ai longtemps copié les styles de Miyazaki ou d’autres.

Dans les dessinateurs BD européens, j’avoue avoir un faible pour Alessandro Barbuchi et Barbara Kanepa. Je les ai découverts à 13 ans dans la BD WITCH qui apparaissait dans Minnie magazine. Ca a changé ma vie, je les lisais et relisais sans cesse. Je dois dire que j’ai eu une petite larme aux yeux lorsque je les ai rencontrés au Salon du Livre à Montpellier. Je recommande vivement leurs BD Skydoll – on sent qu’ils ont pris de la bouteille “niveau technique” !

Il y a bien sûr Pénélope Bagieu dont je parlais avant, c’est une vraie pionnière dans le blog BD. J’adore ce qu’elle fait. Sa force : son humour qui parle à tout le monde. Je n’étais pas entièrement sous le charme de son style au début mais son humour m’a accroché, je me retrouvais complètement dans toutes ses références jeux vidéo, séries…. Et elle aussi a énormément évolué. J’ai trouvé son album “California Dreamin” merveilleux : il est entièrement dessiné au crayon à papier brut.

Et puis en artiste récent, Bryan Lee O’Malley qui a fait Scott Pilgrim pour le style et l’humour.

Je dois aussi parler des jeux vidéo notamment les Final Fantasy. Je dessine beaucoup de femmes pour pouvoir les habiller et inventer des tenues de dingue. Je rêverais d’être “character designer” pour jeux vidéos, à Ubisoft par exemple. Mais bon, je n’ai jamais osé leur envoyer quoi que ce soit !

Dans les blogs BD il y a bien sûr Margaux Motin aussi, avec son humour plus décapant et plus cru. J’ai suivi en dilettante son histoire avec Pacco. Leurs styles ont beaucoup changé aussi, comme s’il y avait eu une fusion entre eux. Leur histoire, ça met des paillettes dans les yeux !

II. Laura et la Slate

 Parle-nous de ta relation avec la Slate.

C’est une sacrée histoire ! Je connais la Slate depuis le tout début. En travaillant à GEM (Grenoble Ecole de Management), j’ai du réaliser une planche BD sur iskn et les alternatives pour lancer sa startup. J’ai fait mes recherches, dessiné les membres de l’équipe et puis très vite ils en ont pris connaissance. Lydie (Responsable Marketing à iskn) m’a appelé un jour pour me dire qu’ils avaient bien aimé et qu’ils cherchaient quelqu’un pour un petit film. Et c’est comme ça que je me suis retrouvée dans le premier film iskn. Ma vie, c’est vite devenu GEM et iskn !

Ce qui m’a séduite sur la Slate ? Que ce soit si petit, si compact et si peu cher par rapport à certaines tablettes graphiques. Et puis pouvoir dessiner sur du papier et éviter la contrainte du scanner, c’est génial. Je suis complètement sous le charme du replay aussi. J’ai beaucoup d’amis qui adorent regarder quand je dessine. Quand tu dessines tu ne vois pas du tout ce que tu fais, et revoir le dessin se former devient vite jouissif. Je n’ai pas d’iPad, donc j’étais vraiment ravie quand la version PC est sortie !

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“Je trouve que la Slate remplit parfaitement sa proposition de base : une copie digitale du dessin papier de façon instantanée, un timelapse de sa création et la possibilité de l’emmener partout avec moi.”

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Que penses-tu de la Slate 2 et du mode tablette graphique qui permet de l’utiliser sur n’importe quel logiciel comme Photoshop ?

Alors déjà, pour avoir connu les toutes premières version du produit et de l’application, je dois dire que l’évolution est fulgurante. La première fois que j’ai utilisé Imagink je me suis dit “Wouah, l’interface est trop belle !” Au niveau des performances de la Slate ça n’a plus rien à voir non plus. Quant au mode tablette graphique, j’adore l’utiliser parce que mon logiciel de prédilection c’est Photoshop. Je suis donc comme à la maison, complètement à l’aise pour boucler mon dessin avec mes habitudes.

Pour moi l’utilisation idéale de la Slate c’est le croquis et les sketchs. Puis la brosse crayon à papier d’Imagink est tout simplement exceptionnelle. Elle n’existe pas sur Photoshop ou alors il faudrait la créer soi-même, bonjour la galère ! Donc pour les crayonnés ou établir les bases d’un dessin, c’est du super matériel.

III. Les projets de Laura

 

Quels projets te rendent la plus fière en ce moment ?

Il s’agit sûrement de projets personnels que je n’ai pas encore concrétisé ! En ce moment il y en a un en particulier. Il y a un an environ, je travaillais dans une clinique en tant qu’hôtesse pour compléter mes fins de mois et je dois vous avouer, j’avais du temps pour m’échapper dans mes pensées et griffonner sur quelques post-its. Voilà comment est née Tombie, une jeune fille en jupe et baskets de skate, cheveux courts. J’ai commencé à dessiner sa vie, ses amis et j’ai recréé son univers sur mon blog. Tombie a 13 ans, elle aime le skate et les jeux videos, on se moque d’elle au collège parce qu’on la traite de « sale lesbienne / garçon manqué ». Puis elle a connu une grosse vague d’engouement sur mes réseaux sociaux. Je ne comptais pas aller plus loin mais j’ai eu tellement de retours positifs que j’ai décidé d’écrire son histoire en BD. Ca fait maintenant plus d’un an que je travaille dessus. Je me suis imposée plusieurs heures d’écriture par jour et bien que je sache dessiner, je ne suis pas scénariste pour autant. J’ai eu des moments de vide et des élans soudains d’inspiration. Guilhem m’a vraiment aidé car il a un vrai talent pour raconter des histoires. Jusqu’à maintenant, il a été mon unique lecteur et je guettais ses réactions. Dès que je voyais un sourire ou qu’il se mettait à rire, c’était trop bien. Tombie, c’est donc ma priorité du moment. J’ai un peu peur d’avoir l’avis de professionnels mais il faut se lancer et éviter de tomber dans le piège de vouloir toujours améliorer son travail sans le terminer.

 

Je compte bien aller jusqu’au bout de mon rêve : ma première BD « Tombie » dans les rayons de la Fnac…

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On peut le dire : nous sommes impatients de découvrir les aventures de Tombie ! En attendant, on suit de très près les dessins de Laura :

 

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