Faire les études des Beaux-Arts.

« Faire les Beaux-Arts » est une formulation qui fait rêver bon nombre d’artistes en devenir. Mais qu’est-ce réellement que les Beaux-Arts, quels cursus proposent ces écoles, que faire après ces études, et surtout, quels sont les pré-requis à maîtriser pour intégrer ces prestigieuses formations en art ? Nous répondons à toutes ces questions afin de vous aider à mieux comprendre les études dans ces établissements supérieurs d'enseignement artistique.

Les Beaux-Arts, qu’est-ce que c’est ?

Lorsque l’on parle des beaux-arts, on mentionne généralement l’École Supérieure des Beaux-Arts. Ces établissements d’enseignement supérieur permettent la professionnalisation des étudiants dans les métiers d’art, en leur proposant des ateliers traitant de nombreuses pratiques artistiques. Si à l'origine, les "Beaux arts" étaient au nombre de quatre, avec la peinture, la sculpture, la gravure et l’architecture, on y trouve aujourd’hui de nombreux autres modules de création artistique. On rencontre ainsi des cours sur l’art contemporain, les arts appliqués, les arts plastiques, l’art et design, l’art numérique ou encore les arts visuels, entre autres modules d'enseignements artistiques. Même si l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris est la plus prestigieuse, il existe à ce jour plusieurs dizaines d'écoles publiques du même type un peu partout en France. Les étudiants peuvent également se tourner vers des établissements privés, parfois également qualifiés d’École des Beaux-Arts, et proposant des cours relativement identiques à ceux que l’on peut trouver dans les structures publiques.

Quels pré-requis pour intégrer les Beaux-Arts ?

Après le bac, faire les Beaux-Arts n’est pas forcément automatique pour les bacheliers. Une demande d’intégration dans ces écoles ne suffit pas, et il faut remplir plusieurs critères avant de pouvoir postuler et intégrer cette formation artistique post-bac. Avoir suivi des cours de dessin, ou une pratique artistique au préalable est d’ores est déjà un plus, pour ne pas dire une nécessité, afin de préparer le concours d’entrée et d'espérer une admission aux Beaux-Arts. Pour ceux étant sensibles au monde de l’art, mais n’ayant pas eu la chance d’acquérir les compétences nécessaires, d’autres voies s’offrent à eux. On peut notamment penser à la MANAA (mise à niveau arts appliqués), une année préparatoire aux admissions pour les écoles d’art, proposant des formations artistiques sur une année scolaire, afin d’obtenir une équivalence par rapport aux études d'art, que certains ont pu recevoir depuis leur plus jeune âge. Un BTS design ou spécialisé dans un domaine de l’art en particulier peut également être une première étape pour intégrer les plus grandes écoles par la suite. Ces formations sont plus accessibles et nécessitent un niveau artistique généralement moins élevé que ce qui peut être demandé aux concours des beaux-arts. Ils permettent néanmoins de se former sur deux ans, et d’améliorer ses compétences pendant ce laps de temps. Reste le cas des autodidactes. Si ces derniers peuvent tout de même intégrer une école d'art après un baccalauréat n’ayant rien à voir (scientifique par exemple), il faudra dans ce cas qu’ils aient eu l’occasion de s’entraîner pendant plusieurs années pour se préparer au concours d’entrée. Il peut être alors intéressant pour eux de maîtriser les différentes techniques de dessin, mais également de s’intéresser au numérique, car nous le verrons après, des cursus de designer ou dans la communication sont proposés dans ce type d'établissements.

Il faudra ainsi qu’ils puissent se familiariser aux logiciels graphiques et aux tablettes graphiques, mais ces outils sont parfois peu accessibles sans cours dédiés, surtout pour des jeunes parfois plus dissipés si le résultat n’est pas instantané. Il existe cependant des alternatives permettant de s’entraîner et de dessiner sur papier, tout en bénéficiant d'une initiation au numérique, avec des tablettes graphiques comme la ISKN Repaper, qui permet de placer une feuille directement sur la surface active de la tablette, et de dessiner avec ses crayons favoris grâce à une bague magnétique, retranscrivant les mouvements, placée sur ces derniers. Le dessin est ensuite transmis instantanément au logiciel graphique, comme avec n’importe quelle tablette. L’avantage réside dans le double entraînement : l’art traditionnel et l’art numérique, de plus, pas besoin de travailler une coordination main-œil dans un premier temps, qui pourrait être décourageante lors des premiers pas dans l’art numérique. Il ne reste plus qu’aux futurs étudiants de venir aux entretiens d’admission avec leurs œuvres en format numérique et papier afin d’améliorer leurs chances d’entrer dans les meilleures écoles.

Quelles formations puis-je faire ?

Les formations BAC +3

Après le niveau bac, les lycéens souhaitant intégrer un cursus dans un établissement public d’études artistiques pourront passer le concours des écoles supérieures d’art. Ces dernières délivrent plusieurs diplômes nationaux agréés par le ministère de la Culture. Parmi ceux-ci, on retrouve le Diplôme National d’Art (DNA). D’un niveau Bac +3, c’est une entrée en matière, et un prérequis, pour enchaîner sur un grade de master par la suite (5 ans après le baccalauréat). La première année se compose notamment de modules généralistes avec de la culture générale, des cours d’histoire de l’art, et l’enseignement de toutes les bases nécessaires pour la suite. À partir de la seconde année, l’étudiant en art devra choisir l’une des trois voies spécialisées proposées. On y retrouve l’option art, fournissant un enseignement artistique généraliste et orienté vers l’art dans sa forme la plus pure, ou l’option design, se tournant vers le graphisme, le design d’objet, le design de produits ou encore le design d’espace, entre autres. Enfin, il y a l’option communication, où tous les enseignements artistiques concernant les arts graphiques, seront présentés avec une pédagogie qui va s’axer sur la communication visuelle. Si la première année est une sorte de classe préparatoire, les deuxièmes et troisièmes années permettent de lier théorie, pratique auprès des professionnels, et projets personnels, afin de déboucher sur le DNA, qui confère une équivalence de licence.

Les formations BAC +5

Suite au DNA, les étudiants en arts peuvent finaliser leur cursus en passant le DNSEP (diplôme National Supérieur d’Expression Plastique), d’une durée de deux ans supplémentaires, et d’un niveau bac+5. Ce diplôme, fourni par les écoles nationales supérieures des beaux-arts, permet notamment de travailler sur un projet de fond, qui devra être présenté à un jury via un mémoire de fin d’étude. La personne sanctionnée d’un DNSEP sera ainsi diplômée des beaux-arts et pourra commencer sa vie professionnelle d’artiste, de designer ou de graphiste, en fonction de la spécialisation choisie dans les trois premières années. Il est à noter que le DNSEP est également l’occasion pour les étudiants et les étudiantes de partir à l’étranger ou de réaliser des stages, afin d’ouvrir leurs horizons, et d'acquérir une expérience utile pour leur avenir.

Quel est le coût des Beaux-Arts ?

L’offre de formation pour l’enseignement supérieur artistique est large, et les coûts peuvent facilement varier du simple au double selon l’école supérieure d'art que vous choisirez. Concernant les écoles d’arts publiques, comme tous les établissements d’enseignement supérieur, les frais d’inscription et de scolarité avoisinent les 500 euros. Vous pouvez cependant obtenir des bourses qui feront chuter le coût d’entrée, et qui rendent ainsi l’enseignement public gratuit. Vient ensuite le cas des établissements privés. Il faut d’abord comprendre que certaines écoles sont reconnues par l’Etat, et d’autres non. Il est donc indispensable de bien être conscient de la valeur du diplôme que vous passez suite à ces études des arts dans ce type de structure. Le prix d’une école supérieure d’art privée quant à lui peut varier du tout au tout. Il faudra envisager de débourser entre 3 000 et 10 000 euros l’année pour intégrer une école telle que celles-ci. Le coût des cinq années est donc bien plus élevé que dans les structures publiques, mais certaines écoles sont très cotées, et ont une réelle aura pour entrer dans le monde du travail par la suite.

Et après… ?

Et bien… Tout dépend de votre spécialisation. Si ceux ayant suivi un cursus dans le design graphique pourront envisager de devenir designer industriel, designer textile ou designer d’espace par exemple. Les élèves ayant opté pour la spécialisation en communication pourront envisager les métiers d’illustrateur, de graphiste (ou infographiste) ou pourquoi pas de directeur artistique d’une agence de pub. L’option art, quant à elle, réunira les futurs peintres, sculpteurs, photographes, mais elle préparera également aux métiers des musées comme conservateur ou galeriste. Certaines écoles proposent même des spécialisations dans le cinéma d’animation ou la BD, entre autres. Le choix est donc vaste, et l’école d’art, contrairement à l’imaginaire collectif, ne mène pas seulement aux métiers d’artiste intermittent, dont il est vrai que les débouchés sont plus faibles que dans la communication ou la création numérique par exemple.

L’art pour tous les goûts.

Nous l’avons vu, les Beaux-Arts permettent donc de réaliser une multitude de cursus. De l’art classique au design en passant par la communication, de multiples options et spécialisations sont à votre disposition dès le moment où vous entrez dans une école telle que celle-ci. Bien connaître les bases de l’art classique et numérique est donc un réel plus pour passer les concours d’admission, la première année étant commune et demandant une polyvalence afin de se laisser le choix de la spécialisation dès la deuxième année. À vous de bien vous entraîner avec tous les outils à votre disposition, et intégrez les écoles d’art les plus prestigieuses, ayant participé au succès de nombreux étudiants.