L’art de l’esquisse

Esquisser un projet est souvent confondu avec le croquis ou le dessin préparatoire. Si l’esquisse fait également office de préparation à l’œuvre finale, quelle est la différence avec les autres types de dessin au crayon, quel matériel est nécessaire, et comment bien la réaliser ? Nous répondons à ces questions et vous donnons quelques astuces pour faire vos plus belles esquisses.

L’esquisse : un passage indispensable

Lorsque l’on souhaite dessiner et peindre, les esquisses sont, dans la pratique du dessin, et des arts graphiques en général, un passage indispensable avant de passer à l’œuvre finale. Pour faire une définition rapide de celles-ci, ce sont des dessins au crayon à papier, qui sont préparatoires aux œuvres que l’on souhaite réaliser. Ces dessins en noir et blanc, sont nécessaires pour avoir un aperçu final de la peinture ou du dessin à l’encre, au pastel ou au feutre, entre autres, que l’on souhaite réaliser. Dans l’histoire de l’art, l’esquisse a énormément été utilisée par les dessinateurs, les peintres et les créatifs, notamment lorsqu’il s’agissait de réaliser des commandes, comme des tableaux de peinture à l’huile, de peinture acrylique ou encore pour faire un dessin artistique ou une gravure. L’esquisse permet en effet de montrer les bases du dessin final au commanditaire, avant l’encrage ou la peinture, tout en proposant des changements, de par la possibilité de gommer ou remplacer certains aspects de l’œuvre. Ceci dit, bien que ce soit un travail fait en amont, l’esquisse reste un dessin technique et complet. Elle permet au dessinateur de faire ressortir les proportions et les techniques de dessin utilisées, mais également les détails, les ombres, la teinte générale du tableau, les nuances de couleurs à venir, et donne ainsi une idée des pigments qui vont être utilisés. On pourrait comparer l’esquisse avec le premier jet d’un dossier complet, qui nécessiterait d’être validé par son patron, celui-ci se réservant le droit de demander quelques changements. Les esquisses sont donc des dessins précis, donnant un réel aperçu du tableau à venir, proche du résultat final, mais pouvant encore être modifié.

Esquisse, dessin au trait, croquis, dessin préparatoire… Quelle est la différence ?

L’esquisse

Nous l’avons déjà vu, l’esquisse est un dessin au crayon, bien souvent en noir et blanc, alliant différentes techniques pour donner un résultat modifiable, mais proche du résultat final. Cependant, l’esquisse est bien souvent confondue avec d’autres types de dessins, erreur à ne pas faire lorsque l’on souhaite respecter les différentes étapes nécessaires à la production d’une œuvre. En effet, réaliser un croquis ou faire un dessin préparatoire, bien que la différence soit ténue, n’aura pas le même objectif que l’esquisse.

Le croquis

Le croquis peut paraître très similaire à l’esquisse au premier abord. Cependant, dessiner un croquis n’a pas la même fonction que de faire une esquisse. Bien que ce dessin soit réaliste, avec les proportions, les ombres et les détails du sujet, il est avant tout un dessin d’observation. Faire un croquis peut tout à fait être une œuvre finie, que l’on peut réaliser avec n’importe quel matériel (pourquoi pas de la peinture aquarelle ou au pastel gras si on le souhaite), et les dessinateurs débutants, comme confirmés, peuvent quant à eux y voir un dessin d’entraînement permettant de se perfectionner. Croquer un sujet sera ainsi l’équivalent d’une « prise de note » d’une idée, d’une observation, qui pourra par la suite être utilisée pour réaliser une esquisse.

Le dessin au trait

Le dessin au trait précède le croquis ou l’esquisse. Souvent utilisé lorsque l’on souhaite apprendre à dessiner, ou pour des œuvres complexes avec beaucoup d’éléments, ce dessin simple consiste à dessiner à main-levée, les proportions et les formes de ce qui sera plus tard un dessin plus abouti. Il peut être vu comme un croquis rapide, cherchant à modeler uniquement le contour des formes principales. On utilisera principalement cette technique pour dessiner l’anatomie du corps humain, ou encore des objets complexes, celle-ci permettant de faire ressortir toutes les proportions du sujet avant de passer aux ombrages et aux détails qui transformeront ce dessin au trait en esquisse ou en croquis.

Le dessin préparatoire

Parmi toutes ces nuances de dessin au crayon, le dessin préparatoire peut être considéré comme la phase finale avant l’encrage, la peinture ou toute autre technique des arts du dessin. Celui-ci fait suite à l’esquisse, qui est un modèle dont la taille est adaptée pour la travailler et la transporter facilement. Une fois celle-ci validée par le commanditaire de l’œuvre ou par son créateur, le dessin préparatoire consiste à retranscrire cette esquisse en grandeur nature, directement sur le support final. L’artiste pourra alors directement repasser au-dessus avec ses encres, peintures et autres pastels pour créer l’œuvre qu’il souhaite.

Comment faire une bonne esquisse ?

Observer !

Lorsque l’on souhaite dessiner un paysage, un modèle vivant, une nature morte, ou même dessiner quelque chose issu de notre imagination, l’observation de ce qui nous entoure est la clé de la réussite d’une bonne esquisse. En effet, c’est lors de l’observation de son sujet que le dessinateur doit faire principalement attention aux formes principales, aux proportions, aux détails, à la lumière et aux ombres, ainsi qu'aux éléments de clair/obscure. Une bonne esquisse doit pouvoir retranscrire tous ces éléments, et il est impératif d’observer attentivement avant de se lancer dans la conception de celle-ci.

Faire les formes générales

Commencez par faire les contours et les formes générales de votre esquisse. Vos traits seront une indication des volumes à venir, et devront respecter les proportions de votre sujet. N’hésitez pas à tracer et à retracer pour obtenir un premier jet net et synthétique de votre dessin. C’est le moment de tester, faire des sélections de ce que vous souhaitez garder ou non, d’effacer, et de recommencer certains de vos traits. C’est aussi à cette étape que vous pouvez mettre les grandes lignes géométriques qui donneront l’agencement de votre dessin (ligne d’horizon, formes circulaires où l’œil doit être attiré, etc.). N’oubliez pas que ces lignes seront effaçables par la suite, donc profitez-en !

Ajoutez les détails et les teintes

Une fois les formes générales faites, vous pouvez y intégrer les détails afin d’agrémenter votre dessin. Par la suite, ajoutez les teintes, en appuyant plus ou moins fort sur votre crayon, en commençant par les teintes claires, et en allant jusqu’aux plus foncées. Cela donnera une indication sur les valeurs chromatiques de votre dessin ou de votre peinture, une fois que vous passerez aux médiums définitifs. C’est également à ce moment que le dessin se finalisera, la mise en place des valeurs chromatiques faisant apparaître les volumes de votre sujet. À la fin de cette étape, vous devriez obtenir une esquisse complète, prête à être retranscrite en dessin préparatoire, à l’exception d’un souhait de retouche de votre part ou de votre commanditaire.

Ne marquez pas trop vos traits

Attention, durant tout le processus de création de votre esquisse, ne marquez pas trop vos traits. Ces derniers doivent rester effaçables pour pouvoir la retravailler et effectuer des retouches si nécessaire.

Quel matériel pour réaliser une bonne esquisse ?

Des crayons adaptés

Si l’on sait souvent par avance quel médium permettra de dessiner son œuvre finale, on peut se poser la question des fournitures à utiliser pour réaliser une bonne esquisse. Celle-ci doit en effet être faite en noir et blanc, l’utilisation de pigments étant bien plus onéreuse, mais surtout, elle doit permettre au dessinateur de réaliser des dessins qu’il puisse estomper et gommer. On oubliera donc le crayon pastel gras, comme les pastels secs, qui s’étalent ou salissent le papier, sans gommer le trait initial, ou encore les feutres, les crayons de couleur, l'encre, et les pinceaux nécessitant l’utilisation de peinture, qui ne permettent pas d’effacer les traits si nécessaire. On pourra alors se tourner vers des crayons connus pour leur tenue, mais également pour leur capacité à disparaître sous l’effet d’une gomme mie de pain.

Les amateurs débutants pourront choisir un crayon graphite HB, qui sera facilement accessible, mais où l’appuie un peu trop prononcé peut empêcher l’effacement d’un trait trop marqué. Il existe également un crayon bleu dit « non-photo », qui en plus de faire partie des médiums les plus faciles à gommer, n’apparaît pas à l’image lors d’un scan ou d’une photocopie. Cependant, l’outil que toutes les écoles d’art vous conseilleront est le fusain. Celui-ci s’estompe et se gomme à la perfection, tout en ayant une tenue et une précision parfaite pour réaliser ses esquisses. Les fusains se présentent sous différentes formes. On trouvera le fusain comprimé, qui sera précis et maniable, mais, à l’instar du crayon graphite, aura des difficultés à s’estomper sous l’effet de la gomme si le trait est trop marqué. Le fusain à esquisse, comme son nom l’indique, sera quant à lui plus indiqué pour réaliser des esquisses, sa tenue sur le papier étant suffisante, et sa capacité à être travaillée et effacée étant la meilleure parmi tous les médiums disponibles.

Du papier adéquat

Lorsque l’on dessine une esquisse, on ne peut pas prendre n’importe quel type de papier. Cette partie du travail nécessitant de nombreuses retouches, grattages et gommages, le papier à esquisse doit être solide, avec un grammage supérieur au papier imprimante classique, afin de résister à tous les aléas qu’il va subir. De plus, son grain doit être assez épais afin de pouvoir accueillir le fusain, sans que celui-ci ne s’efface au moindre contact avec la main ou lors de son transport. N’oubliez pas que le papier à esquisse doit être transportable, sous forme de carnet ou dans une pochette à dessin, afin de pouvoir le retravailler et le transporter facilement. Du papier Canson peut faire totalement l’affaire pour réaliser une esquisse de qualité, mais vous pourrez trouver du papier à esquisse spécifique dans les magasins spécialisés, qui sera totalement adapté à cette étape de création.

Et l’indispensable tablette graphique pour dessiner

Aujourd’hui, le dessin numérique s’est ancré dans notre quotidien, et l’utilisation d’une tablette graphique s'est grandement développée pour réaliser toutes sortes de dessins et peintures digitales, grâce aux nombreux outils que proposent les logiciels graphiques. Il est ainsi possible, grâce à une tablette dessin de qualité, de réaliser directement ses esquisses et ses dessins, directement sur ordinateur, en utilisant les calques disponibles sur logiciel. Seulement, de nombreux dessinateurs apprécient encore l'utilisation du papier, que cela soit pour réaliser une phase d’observation, là où ils n’ont pas forcément accès à leur ordinateur, ou tout simplement pour le confort que procure le dessin traditionnel au crayon et au papier. C’est dans cette optique que les tablettes graphiques hybrides, comme la Repaper d’ISKN, ont pu voir le jour, afin de proposer au dessinateur de réaliser ses esquisses directement sur papier, comme il le ferait habituellement, tout en ayant accès à la version numérique dès qu’il retrouve un accès à son ordinateur.

Grâce à ce type de tablette graphique, il est en effet possible de placer une feuille de papier directement sur la surface active de la tablette graphique, et de dessiner avec son crayon favori, grâce à une bague magnétique placée autour de celui-ci, et retranscrivant les mouvements et l'inclinaison directement à la tablette. Ainsi, vous pouvez dessiner sur papier, et voir votre dessin se transmettre en temps réel sur le logiciel graphique, ou être enregistré dans la mémoire de la tablette graphique pour être retravaillé plus tard. Ainsi, plus besoin de crayon bleu, de scanner, de s’adapter à une coordination main-œil entre la tablette et l’écran d’ordinateur, ou d’avoir accès à son matériel informatique lorsque l’on est en déplacement ! Avec une tablette graphique hybride, vous pouvez réaliser croquis, esquisse et dessin préparatoire en un seul coup de crayon, et profiter de tous les avantages du numérique pour la réalisation de l’œuvre finale en repassant votre périphérique en mode sans écran, et en l’utilisant avec un stylet, comme une tablette graphique classique.

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Conclusion

Esquisser un projet, c’est donc réaliser une œuvre qui aura pour but de donner une idée quasi finie du dessin ou de la peinture finale, tout en ayant la possibilité de la retravailler et de la modifier si nécessaire. S’il est possible de faire une esquisse de différentes manières, le fusain à esquisse et un papier adapté seront l’idéal pour la réaliser. Si vous souhaitez utiliser un logiciel graphique pour dessiner vos peintures numériques, vous pouvez également vous tourner vers une tablette graphique, de préférence hybride afin de garder au mieux les sensations du papier, et de pouvoir retravailler votre esquisse où que vous soyez.

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